Jeudi 5 Février : Nous montons en Jeep à la Maison Forestière, à peine arrivés, le Pitaine nous convoque, je passe le 1er  avant P.. , l'homme porte le  béret vert des Légionnaires Parachutistes, assez grand, mince, une poignée de main cordiale, quelques mots de présentations, puis...: " pourquoi êtes vous volontaires ?" euh, je réponds ..." je ne suis pas volontaire"..., le Pit..  : "j'ai dit que je ne voulais que des volontaires ..., alors vous sortez .! et vous revenez vous présenter dans les règles, Nom , Matricule, etc." .
 
Je ressors et regarde P.. qui a compris après avoir  entendu les derniers éclats de voix, il entre à son tour et se présente en bonne et due forme, lorsqu'il ressort, il me regarde en souriant, je frappe à nouveau, pas rassuré, entre temps, j'ai mémorisé mon matricule sur la plaque d'identité que je porte autour du cou . "Entrez " j'entre, claquement de talon, salut impeccable, je débite ma présentation, Nom, Prénom, Matricule, etc...et je conclus "à vos ordres mon Capitaine" sur ce il ajoute " OK  vous êtes affecté à mon commandement, j'espère qu'on fera du bon boulot, rompez" Le premier contact fut plutôt sec, j'espère qu'il n'est pas rancunier. Nous remontons l'escalier à l'exterieure  pour rejoindre  notre piaule au grenier, une pièce de 7m x 3m, nous sommes 4 Radios et un interprète
 
"... Jeunes soldats de Métropole et jeunes Musulmans au coude à coude dans les commandos de chasse, et dans un même élan, vous faites partie de notre chance ; de la vraie chance de notre Patrie.Vous êtes de jeunes hommes purs et droits. Je suis content de ce que vous avez déjà fait, je vous demande de nouveaux efforts, je vous en demanderai encore. Je sais que vous avez la foi tranquille de ceux qui se battent pour un idéal juste et grand et que nous parviendrons tous ensemble à la victoire..."
Général d’armée aérienne Challe, commandant en chef       
 
la Maison en Mai 2005
Derrière le Mur d'Enceinte la Maison Forestière avec sa cour et le Magasin à Droite
à Gauche l'Entrée puis l'escalier qui monte au grenier
 
 La Maison Forestière construite à l'origine pour gérer les bois aux alentours, seul reste le garde Forestier, un grand gaillard d'origine Alsacienne qui n'a plus aucun pouvoir mais qui interpelle de temps en temps des paysans qui remontent le long de l'oued avec quelques fagots de bois sur le dos d'un Ane, cela constitue l'essentiel de son travail, il loge au Rez de Chaussée de la Maison avec les 3 chefs de sections et le Pitaine. Il y a aussi une petite salle commune, un bureau où se tiennent le secrétaire et le comptable.  L'ensemble du bâtiment est fortifié, tout en pierre,  les fenêtres extérieures sont protégées de barreaux auxquels s'ajoutent des volets formés de plaques de fer.
 
A l'intérieur, une cour cimentée d'environ 15m x 4m, un grande buanderie qui sert de magasin, le tout est clôturé par un mur de 3m de haut, manifestement, la maison telle qu'elle était conçue devait être faite pour rassurer les propriétaires. Vers 20h, nous allons aux cuisines chercher la soupe, quand nous voyons l'infirmier courir,"y a un gars qui s'est tiré une balle dans le pied"... renseignements pris, le gars, un Parisien, une grande gueule qui a tout vu et tout fait, manifestement pris de panique à l'idée d'intégrer le commando, a profité de sa garde pour mettre une cartouche dans son arme, pas fou, il a bien visé pour ne pas se faire trop mal, entre les deux orteils et a appuyé sur la gâchette. Au Pitaine, il tente d'expliquer  que le coup est parti tout seul, seulement voilà,  l'empreinte du canon avec la poudre est restée sur la chaussure, et ça, c'est pas facile à expliquer, celui là, on ne le reverra plus !

Vendredi 6 Février : Le " Juteux" des Transmissions me fait appeler, je dois descendre à Masqueray donner un coup de main, un gars "normalement exempté de service" a renversé de l'essence, brûlé à la tête et aux bras, il est évacué par Hélico, les 7 grenades qui étaient là ont explosées, tout le réfectoire a brûlé ainsi que la ligne téléphonique que nous démontons.
 
 
Voyage en Algérie Mai 2005