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Image Bucolique... de
Deux Coquelicots dans un Champ de Blé.
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Cela me rappelle le signal d'alerte
des bergers qui signalaient notre présence "les
vaches sont dans les champs..!
Les vaches sont dans les champs !" le problème c'est que
quelquefois il n'y avait ni vache ni champs.
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A 8h30, nous partons vers le
pénitencier de Stephane g'sell, puis nous prenons la
direction des Mines de Plomb (une ancienne mine désaffectée), nous marchons
pendant une bonne heure pour nous retrouver au bord de l'Oued El Malah très large de plusieurs centaines de mètres
à cet endroit mais à sec. Le temps est splendide, le soleil fait briller ce
merveilleux tableau, le paysage est grandiose, surréaliste avec les bidasses qui
ratissent les côtés en fouillant les mechtas au passage, le spectacle de
tout cet armement en ballade contraste avec le calme de cet immensité
plate et quasi désertique du fond de l'oued, seul un filet d'eau,
quelques arbres et des buissons par ci par là, l'instant serait Bucolique, quand
soudain !! des cris... puis une rafale de mitraillette, à
30m devant nous un homme est tombé d'un Chêne vert , c'est Mékid
un gars de la 1ère section qui vient de tirer, il l'a échappé belle, alors que
sans méfiance il passait à proximité de l'arbre où un rebelle était perché
et qui s'était cru découvert, il a tiré sur Mékid avec un fusil Garand,
heureusement pour lui, le fusil s'est enrayé, Mékid attiré par le
bruit du percuteur a riposté aussitôt, le rebelle est tombé grièvement blessé ,
l'infirmier Milw... va le voir mais il ne survivra pas.
La progression continue, on ne regarde plus les
arbres de la même façon. Au loin, on entend des coups de feux mais c'est de
l'autre côté du versant, c'est la 10ème compagnie qui accroche, 2 rebelles hors
de combats, ils ont récupéré un PA 9mm et un fusil de chasse. On
reçoit l'ordre de décrocher à 18h, nous sommes à la maison à 18h45. Ce
soir, je pose une "perm" pour le convoi de demain qui
va à Aumale .
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l'Oued Mallah
l'ancienne
et ...
la
nouvelle route
l'Oued el Mallah en Mai
2005
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Samedi 20 juin :Départ pour Aumale 6h30, à l'arrivée
du convoi, je me rends à l'hôpital pour voir Johnny et Michel
(Michel c'est le fils de Maurice Cloche, le célèbre metteur en scène du film
"Monsieur Vincent"), je descends en ville où j'achète un sac en peau pour ma soeur
et un service en cuivre pour mes parents, je paie le tout 4000frs, je
porte les pellicules à développer chez Rolande, toujours aussi jolie. Je
retrouve des copains pour casser la croûte, j'achète du pain avec les derniers
57frs qui me restent et eux achètent la charcuterie, on s'arrête dans un
bistrot, la conversation ne dépasse pas le dessus de la ceinture et tout le monde décide d'aller rendre une visite au Bordel, en
chemin, les habitués parlent de Canards en liberté dans la cour du bordel
, on imagine déjà le canard sur la broche, donc, pendant que certains
seront occupés à forniquer, un gars va rabattre doucement les canards dans
les "chiottes turques" (notre peur
était que le canard passe dans le trou) et moi, je suis chargé de leur tordre le
cou et de les mettre dans mon sac à dos, ce qui fut dit, fût fait, nous avons
poussé la vieille porte en bois du bordel, nous nous retrouvons dans une
cour assez grande avec des piaules tout autour, les filles sont accueillantes,
la prise de contact est rapide et les portes se referment.
Pendant ce temps,
moi, j'ouvre discrètement la porte des WC, Bouno... entreprend "tout seul"
une manoeuvre d'encerclement des canards, tout doucement, en bon fermier
qu'il est, il envoie des boulettes de pain jusqu'à atteindre la porte des
"chiottes", les canards suivent, hésitent, soudain, il y en
a un qui entre, c'est le moment que j'attendais, je referme rapidement la porte
et je lui cloue le bec avant qu'il n'ait le temps de dire
ouf..., ma sale besogne accomplie, je ressors avec mon sac
qui est un peu plus lourd, on attend avec impatience la sortie des copains pour
dégager au plus vite. Après un " Au revoir les gars et à
bientôt les filles" tout le monde dégage, et 100m plus loin, de s'esclaffer "il
est dans le sac, elles l'ont dans le c... " on
reprend le convoi à 16h, arrivée
à la Maison 18h. Maintenant il est temps de s'occuper sérieusement du
Canard d'autant plus que nous fêtons "la quille" à
Queffe... et le Canard sera comme qui dirait, la "cerise" sur le gâteau !
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La Quille... les uns partent les autres
restent y a un brin de nostalgie dans tout çà ! Heureusement ce soir là,
il y avait le Canard ...
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Dimanche 21 juin
: Aujourd'hui réveil 8h, les gars sont partis défiler à Aumale (pour
l'appel du 18 juin ...)
je vais me laver au Bassin de la Maison
Forestière
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Petite Toilette au Bassin de la maison
Forestière Le bassin était alimenté par une source "El djouab" Cette
source est sans doute à l'origine du nom actuel de "Sour El Djouab" qui a
remplacé l'ancien nom de Masqueray
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Après la toilette, direction les
pluches, puis je reviens bouquiner à la piaule, il commence à faire chaud sous
les tuiles, cette après midi je vais faire un ping-pong, je prends la
garde de jour à 15h30. Les gars rentrent d'Aumale, l'ami Bois... n'a pas bu que
du "vérigoud" apparemment les gars se sont fait remarquer par leur enthousiasme
et leur dynamisme dans les bistrots de la ville et pour cette raison la PM a été
obligée d'intervenir. Boisa...est intarissable, il a même Photographié Rolande
"la Photographe". Il y a également deux nouveaux arrivants, ce sont des ralliés,
l'un Roug... est un ancien Commissaire Politique, il nous rejoint après
s'être fait "laver" le cerveau au 2ème bureau , il doit paraît-il nous désigner
des caches. Lundi 22 Juin : Réveil 5H30,
départ 6h30, les bahuts nous laissent sur la piste de Maginot , on a encore 5 ou
6 kms à faire et le terrain est très accidenté, enfin on arrive sur un Douar,
Roug.. nous indique une présumée cache, celle-ci est vide, il en indique une
autre à 100 mètres, pendant que les uns creusent, les autres cassent la croûte.
Avec Bois... nous allons inspecter les lieux et discuter avec l'habitant, quand
je tombe en arrêt devant une fille splendide, Bois.. toujours prêt à rendre
service joue les interprètes entremetteurs, il lui demande si elle accepterait
de se "marier" avec moi ! elle veut bien mais le père intéressé veut une dot de
5000 frs..., c'est même pas la peine de "marchander", actuellement, j'ai pas un
sous et j'attends un mandat... bon! je repasserais peut-être un de ces jours, en
attendant sympa le père offre le café. Bref... revenons à la réalité, les caches
sont vides mais on ramène le commissaire politique local. Il fait chaud, ma
veste est trempée de sueur, je prends des cachets de sel, on retrouve les bahuts
avec satisfaction, ce soir, je me couche de bonne heure, je suis de garde demain
matin de 5h à 6h Mardi 23
Juin : Départ 7h, on embarque dans les camions de Paoli
(indicatif du 3ème bataillon),nous passons Aumale vers 8h et nous prenons la
direction de la forêt d'Ain Terzine, on débarque des camions et on commence à
crapaüter, le terrain est accidenté et rempli de broussailles, nous sommes avec
une compagnie de tirailleurs, nous progressons en ratissant. La forêt est très
serrée et remplie de petits sapins, il fait chaud, j'ai soif, je touche ma
gourde mais je ne bois pas car nous avons reçu la consigne d'économiser l'eau,
il n'y en a pas dans ce secteur. Nous descendons maintenant pour ratisser l'oued
qui est à sec à cet endroit, à environ 1km, on entend sans la voir l'aviation
qui Strafe . Nous sommes sur un flan de l'oued, les tirailleurs sont de
l'autre côté, cela fait 5h que nous marchons soudain on s'arrête, Parabase
(indicatif des tirailleurs) vient d'accrocher à 400m environ.
Devant nous à 100m, c'est la 1ère section qui accroche à son tour,
on ne voit rien, la forêt est très dense, nous avons repris la progression, nous
découvrons 2 rebelles tués, l'un est habillé en militaire. Par radio, Parabase
annonce 4 rebelles tués et 4 prisonniers, Paoli a fait 1 prisonnier
détenteur d'une grenade MK2, il donne des renseignements, il faisait
partie d'une bande de 25 fellagas qui sont arrivés de Tunisie il y a 6 mois
environ. Nous continuons la progression en remontant l'oued principal et
là : EUREKA , il y a un filet d'eau, tout le monde se précipite pour remplir les
gourdes, on peut enfin se désaltérer, heureusement ma gourde
était vide,
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la Guerre est sale
mais il faut rester propre
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quand plus haut en amont de l'oued quelqu'un
gueule "ne buvez pas ... ne buvez pas ..!", interloqués ... nous avançons
50m et là : surprise il y avait 1 cadavre en
décomposition en travers de l'oued, sans dire un mot, on vide tous notre
gourde ... on reçoit l'ordre de remonter, je suis en sueur, sur la crête nous
rejoignons le PC du régiment et les chars qui ont des jerricans d'eau ...
chaude! elle est quand même bienvenue. A 20h
l'opération est terminée, on arrive à la Maison Forestière à 21h30, à 22h, il
pleut ! dommage, on en a plus besoin... Mercredi 24
Juin : Repos toute la journée, je vais au
lavoir faire ma petite lessive avec "Omo"
(qui lave plus blanc) d'où la grosse vanne avec "Omo, plus de pieds
noirs" ... on ne vexe personne chez nous, il n'y a pas
de pieds noirs.
Je descends faire un tour à Masqueray, je
passe aux Transmissions qui m'annoncent que nous sortons ce soir. Vers 19h, je
vais chercher les rations pour l'équipe, nous partons à 22h30. Avant le départ,
je me couche tout habillé sur le lit, rassemblement 22h, à
22h30 départ en bahut direction de la Tour du Col des Ouleds Merieme. Avant la
Tour, les GMC ralentissent dans la
montée, tout le monde "gicle" des camions, pour
donner l'impression que nous sommes toujours dedans, les bahuts continuent vers Dechmilla pendant que nous prenons la montagne. Nous avons 2 invités avec nous, un Gendarme et une personne de la
SAS, ils sont chargés de contrôler et de rapporter d'éventuelles "Exactions", il
se trouve que quelques éléments du Commando n'ont pas un comportement
irréprochable. Il fait une nuit splendide, pas trop
chaud, la lune est claire, un temps idéal pour une ballade nocturne si ce
n'était qu'il faut traîner tout cet arsenal. Nous arrivons à la piste de Mamora que nous suivons un bon moment, vers 2h30, Roug...
passe en tête de la colonne, nous quittons la route pour prendre une piste à
mulet, étroite et rocailleuse, vers 4h30, nous arrivons sur un groupe de Mechtas
que nous fouillons sans rien trouver, nous nous dirigeons vers une autre mechta,
c'est la famille de Roug... que nous déménageons et
qui pourrait être sujette à des représailles du fait du ralliement de Roug... à
nos côtés, on continue de marcher plus au sud, c'est assez désertique, il n'y a
que des montagnes pelées, on se met en observation sur un piton, vers 7h, je
prends contact avec l'Aviation qui est à notre verticale, elle nous signale 2 fuyards, la
direction correspond à la 2ème section que je préviens aussitôt, on voit en
effet par moment à 800m
,les 2 rebelles
qui courent à toutes jambes, ils sont en terrain découvert, bientôt, on entend des coups de feux, ce sont les voltigeurs de la 2ème
section qui leur courent après, mais les rebelles sont armés et
ripostent, les gars de chez nous sont pas très loin d'eux à environ 150m,le Pitaine demande à l'aviation de ne pas
intervenir,
seulement profitant d'un mouvement de terrain, nos 2
gars se sont séparés, on en voit plus qu'un, c'est "La Chique" un Berrichon qui
lui court après, il s'est isolé de son groupe, il est maintenant tout seul
devant, à 500m, on entend les coups de feux qui partent de part et
d'autre, ils disparaissent par moment tout les deux derrière des monticules,
quand : à la jumelle, nous apercevons "La Chique" qui
réapparaît en levant les bras, on a compris que pour l'autre c'était
fini...
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A gauche, le représentant de la SAS et le Gendarme qui font leur
rapport
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A 9h, nous
continuons notre progression dans le Djebel Dirah, le
terrain est désertique à part quelques oasis de verdure dans le fond des oueds.
Nous ne sommes pas très loin du secteur de Si
Cherif, nous continuons les fouilles de mechtas, devant l'une
d'elle, une femme nous toise du regard ses 2 filles
d'une vingtaine d'années derrière elle. Nous les regardons étonnés et
interloqués, elles ont le visage maculé de boue et de sang,
ce qui leur donne un aspect de personnage irréel. Nous demandons à
Roug... quelle est la raison de cette mascarade? il nous répond que c'est pour protéger ses filles d'une violence éventuelle de la part des
militaires... ce qu'elle ne sait pas, c'est que le
Capitaine D... est intransigeant
là-dessus et
veille tant qu'il le peut à la bonne tenue de ses gars sur le terrain, et
puis il y a le gendarme ... elle n'avait rien à craindre de
nous.
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Dans la région de Mamora, discussion
entre le Gendarme et le Sergent Chef Ce qui en d'autres temps pourrait
ressembler à une promenade...
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Une Famille comme on aimait en
rencontrer quelquefois, Ils nous offraient le Café et
nous leur donnions une boîte de sardines ou de confiture de notre
Ration
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Vendredi 26 Juin : Je descends à Aumale avec le convoi, je vais voir Johnny et sa "jaunisse" et puis Aissa toujours en "stage" au 2ème
bureau, il va bientôt repartir chez lui... je lui demande des
nouvelles de Duper..., son adresse mais il ne l'a pas. Bois... m'invite dans un
restaurant musulman, on mange quelques spécialités. Nous reprenons le convoi à
12h30, arrivé à la maison vers 15h, je descends aux transmissions chercher du
matériel et les dernières nouvelles, demain nous
partons en reconnaissance de piste
, en effet vers 20h le Juteux nous demande de
passer à la cantine chercher les Rations. Samedi 27
juin
: Départ 7h30, je monte dans la Jeep, c'est le Pitaine qui conduit, son chauffeur habituel, le Niçois,
a pris la place du passager, ce qui n'a pas l'air de l'enchanter, nous prenons
la piste derrière Masqueray en direction du sud, une
bande de rebelles est signalée dans cette région, il s'agit aussi de faire la
reconnaissance du terrain et des pistes, vers 8h30, on débarque des véhicules,
on crapaüte 4 ou 5km, on fouille les mechtas, on contrôle la population... rien!
" le patron" fait revenir les camions et nous continuons la progression
sur un terrain fait de creux et de bosses, la mécanique des GMC est mise à rude
épreuve, les gars sont secoués comme des pruniers, avec la jeep, le Pitaine se permet quelques extras en se décalant des
camions pour voir plus loin et mieux conseiller la progression, par moment j'ai
l'impression que la Jeep va se renverser, ce circuit n'est
pas du goût du Niçois
qui se cramponne comme il peut, enfin on s'arrête sur un piton.
Les sections débarquent et commencent le ratissage,
nous on reste avec les camions, les sections nous annoncent par Radio que
le contrôle des civils est terminé, RAS, le Pitaine cherche un terrain pour
faire descendre les bahuts dans le fond de l'oued qui est à sec, enfin
presque..! il faut sortir un camion qui s'est enlisé
, ce qui ne se fait pas sans difficultés...
enfin on y parvient, tout le monde se regroupe sur la piste et direction
Masqueray
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eh.. les Gars !
je vous signale que vous êtes sortis
de la route nationale
!
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Pendant que les sections
crapahutent ...
nous on observe
!
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