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EPILOGUE
De retour en France, j'ai eu
beaucoup de difficulté à me réadapter à la vie civile, je trouvais le sommeil
grâce à un pistolet (que j'avais rapporté) et que je cachais sous mon oreiller.
J'avais limé le percuteur, même si l'arme était inoffensive, le moindre bruit me faisait réagir et je caressais l'arme qui me
sécurisait , j'ai eu énormément de mal à
m'en séparer.
je suis rentré depuis 3mois lorsque je reçois une
lettre de BELGIQUE elle relate mes états de service
..?
et m'indique
une adresse pour rejoindre un groupe
de Volontaires en partance pour le
Katanga.
n'ayant pas apporté de réponse au courrier,
un second courrier m'arrive sur lequel
je remarque cette fois
la signature d'un sergent chef de K11 qui me
donne des précisions sur "le travail "et le salaire mensuel
qui est mirobolant, ma réponse tiendra en deux mots
Non Merci
Je suis de près les événements de "là-bas" (comme
ils disent), ce triste exode des populations Pieds noirs dont les plus modestes
ont tout perdu. La passation des pouvoirs ne s'est malheureusement pas faite en
douceur comme en Tunisie, au Maroc ou bien encore en Afrique du Sud avec
Mandela. Pendant ce temps, moi j'ai tenu ma promesse et pendant des mois,
les voisins un peu étonnés, purent me voir passer le Dimanche pour me
rendre à l'Eglise St Pierre à la messe de 10 heures. En 1962, l'Algérie retrouve son
indépendance après 132 ans de présence Française , cependant une autre guerre fratricide
continue, les anciens Harkis désarmés par l'Armée Française en paieront le prix
fort, alors qu'en même temps le FLN de l'Extérieur basé en Tunisie et au Maroc
déferle sur le pays avec un formidable Arsenal de guerre et entre en conflit
avec le FLN de l'intérieur composé pour l'essentiel de Berbères, Chaouis et
Kabyles.
Entretien avec Mohammed Harbi (le nouvel Observateur
2002)
Je suis convaincu que sans l’OAS l’armée des frontières n’aurait pas
gagné. Et Ben Bella n’aurait été qu’un acteur du pouvoir parmi d’autres. Le gouvernement
algérien aurait disposé d’une police, d’une force locale prévue de 40000 hommes, encadrés par
des officiers algériens de l’armée française et entraînés par des officiers français... Jamais l’état-major
extérieur n’aurait eu cette voie royale. Des affrontements violents ont lieu du 3 au 5 septembre 1962
entre les djounoud de la willaya IV
et l'Armée des Frontières fortement armée, provoquant des centaines voire plus
d'un millier de morts entre Aumale et Boghari. CONCLUSION
Pour
retirer les marrons chauds, il vaut mieux être au feu de la cheminée, plutôt
qu'au feu des combats. Le 8
Octobre 1962, l'Algérie devient le 109ème Etat de l'Organisation des Nations
Unies.
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Ci-dessous, récit et photos de Jacques
Dulac
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Le
début...
La fin ...
Du bastingage du Bateau qui s'éloigne de
l'Algérie Jacques Dulac prend cette Photo du Drapeau de l'Indépendance
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POUR L'HISTOIRE
Le 6
juillet 1962 : J'embarquais pour la France
avec les quillards de ma classe et sans doute des permissionnaires, des
Convalescents.... Il y avait avec nous, beaucoup de familles
algériennes et de "petits pieds noirs", sans doute, celles qui avaient attendu
de voir comment la situation évoluerait avant de s'enfuir (je ne sais même pas
si elles avaient des transats à leur disposition, je crois que
non). Je suis resté sur le pont (avec deux copains) les yeux
obstinément rivés sur Philippeville, jusqu'à sa disparition derrière
l'horizon.
On nous a apporté à déjeuner, je n'avais envie de rien, j'ai tout
jeté à la mer et en me retournant j'ai croisé le regard d'une maman algérienne,
j'ai été bouleversé par son regard, je réalisais la GROSSE sottise que je venais
de faire. Elle et ses gosses n'étaient sans doute pas prêts de manger quelque
chose avant plusieurs jours
.
J'ai loupé ce geste d'humanité qui n'aurait pas été superflu
dans cette période de désespérance de tous ces pauvres gens. Le coeur serré,
j'ai baissé les yeux et me suis tourné vers la Méditerranée. La côte
avait disparu depuis plusieurs heures, le vent rabattait vers nous les embruns,
le soleil "s'enfonçait" dans l'eau, il nous fallait rejoindre nos places dans
les cales, pour cela, nous devions passer par les ponts occupés par les civils.
Quel
spectacle !! Tout le monde vomissait, les femmes
allongées sur le plancher gémissaient, certaines totalement inertes donnaient
l'impression d'êtres mortes, la plupart des enfants pleuraient, l'odeur de vomi
envahissait tout, au point que je pensais bien vomir à mon tour. Les "chiottes"
étaient inaccessibles, elles refoulaient, l'eau se répandait. En voyant ce spectacle,
j'avais HONTE de mon uniforme, HONTE
de mon
pays, je me sentais coupable de ce qui arrivait à ces pauvres gens, j'avais
envie de leur demander pardon, de me cacher. Après avoir bien
failli vomir à mon tour, je me suis installé sur mon transat, j'ai sommeillé
jusqu'au matin. J'ai entendu, "On voit Marseille", je
suis remonté sur le pont pour voir, les civils semblaient calmés, je
voulais voir Marseille, quelle horreur! le temps était frais, il faisait gris,
la ville était dans le brouillard,
le ciel couleur de plomb. Hier matin, Philippeville était
ensoleillée et très belle, ce matin, Marseille est gris et très
moche.
Pauvres
rapatriés, même le soleil leur refuse son aide, quel triste accueil, on leur
aura tout volé
Comme une longue file de chenilles processionnaires, les
soldats descendent du bateau, des camions militaires, vides, alignés, font le
plein de troufions et direction gare Saint-Charles.
J'oublie un peu les pauvres rapatriés du bateau, je m'apaise
dans le train qui m'emporte vers BORDEAUX Saint-Jean où mes parents, mes frères
et mes soeurs m'attendent sans doute. Je suis seul dans mon
compartiment, j'ai laissé mes camarades quillards à leur beuverie dans le
compartiment à côté, je les entends braire, beugler, barrir, ça n'a pas l'air
gai tout ça, un civil monte, s'installe devant moi contre la fenêtre, il me dit
"C'est la quille?" , je fais signe de la tête "Oui", il sourit, je n"ai pas envie de
lui parler, il ne me comprendrait pas, il s"attend sans doute à ce que je sois
heureux, je ne le suis pas, ma quille ressemble trop à une désertion pour que je
le sois, je me sens lâche!.
Nous avons semé un bordel
immense dans ce pays, aucun "chantier" n'est terminé et nous nous retirons,
comme des malpropres, j'ai honte, où sont-ils les soldats
victorieux?.
Le
jour s'est incliné, la locomotive glisse le long du quai de la gare St-Jean puis
le crissement des freins se fait entendre, les premiers descendus courent le
long du train, je ne précipite rien, je ne suis pas pressé de descendre,
j'avance tranquillement vers la sortie, j'ai même l'impression que mes jambes
refusent d'aller plus vite, mes parents sont là, nous nous embrassons et
quittons la gare, nous nous dirigeons vers la voiture, une fois tous installés,
j'éclate en pleurs, je suis inconsolable
, autour de moi, tout le monde se tait, attend que je me
ressaisisse, je bredouille des excuses.
Depuis mon départ de
Philippeville, je suis tendu, c'est trop d'émotions pour moi. J'ai retrouvé la
maison, mais je n'oublie pas l'Algérie, mes potes restés là-bas et toute la
misère qui continue de dévaster ce pays. Je ne suis pas à l'aise au milieu des
miens, si on me le demandait, je crois que je referais le chemin en sens
inverse.
J'éprouve du
mépris pour mes compatriotes, je les trouve "petits, indignes", leurs
occupations mesquines.
Mes parents n'échappent pas à ce
jugement, je les regarde avec tristesse, ces dupes, ces gens abusés,
infantilisés par les pouvoirs successifs, un peuple en léthargie.
C'est vrai que depuis toujours on
leur ment, on leur cache la vérité, depuis toujours, ce peuple de "petites gens"
a une confiance aveugle dans ses dirigeants qu'il croît comme lui : courageux,
simple, honnête, quelle erreur!!
Ils sont tous lâches, incapables, cupides!
A travers l'expérience de la guerre d'Algérie, je sais
maintenant ce que valent véritablement nos hommes d'État, ceux qui emplissent
nos livres d'histoire et ceux qui font tout pour y entrer et qui restent dans
les pages de journaux . Après des semaines et des
mois passés à faire semblant, je finis par sombrer dans la torpeur ambiante, je
refoule au fond de mon cerveau l'Algérie, je ne veux plus entendre ses cris, je
me dis que je n'y peux rien.
Je rentre dans le rang, je
"m'attelle à la charrue", l'année suivante, j'ai 23 ans, je me marie avec une
petite parisienne et vogue la "galère".
Pendant plus de trente ans, j'ai repoussé loin de moi ces
souvenirs, aujourd'hui, j'ai 65 ans, rien n'a changé en moi, je disparaîtrai
avec cette blessure, ainsi va la vie..... Jacques Dulac
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En 1936, Maurice VIOLETTE,
nommé
responsable des affaires Algériennes par Léon BLUM déclare
: "Prenez garde , les indigènes D'Algérie, par votre faute sans
doute, n'ont pas encore de Patrie; ils en cherchent une, ils vous demandent la
Patrie Française, donnez la leur vite, ou sans cela, ils en feront une
autre."
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le Capitaine DUPOUX Ct du
Commando Kimono 11
terminera sa carriere comme commandant du 2eim REP
LCL DUPOUX DE 1970-1972
je comprends mieux Aujourd'hui, pourquoi ce Capitaine
mystérieux
chef de Kimono 11
lisait la Pravda sur le terrain
décède le 4 mars 1974.
paix à son âme
DUPOUX jean françois
05-12-2006 (Colonel Jean, François), : Né le 16 novembre
1927 à Coblence en France, il signe un contrat d?engagement au titre de l?école
spéciale militaire interarmes le 28 nov. 1945 et suit ses classes au camp du
Ruchard. Il intègre l?ESMIA le 15 janv. 1946. Nommé sergent le 15 mars 1946 puis
sergent-chef le 1er déc., il suit les cours tout en étant affecté au 99e
bataillon d?infanterie puis à l?école des cadres de Rouffach.
À sa sortie de l?école d?infanterie, il se classe dans les
premiers de sa promotion et il est nommé sous-lieutenant le 1er oct. 1947. Il
est alors affecté au 1er REI. Volontaire pour un séjour en Extrême-Orient, il
débarque en Indochine le 7 juin 1949 et rejoint la 8e compagnie du 2e bataillon
du 3e REI. Il est promu lieutenant le 1er oct. 1949. 4 citations dont une à
l?ordre de l?armée résument les débuts de ce jeune chef de section et les
services qu?il rend entre 1949 et 1952.Rapatrié en fin de séjour, il est affecté
à la 2e compagnie du 6e bataillon de chasseurs alpins aux FFA. Il se passionne à
la fois pour la montagne et pour l?étude des langues slaves. En nov. 1953, il
est admis au centre d?étude des langues slaves. Désigné en renfort pour
l?Extrême-Orient il débarque à nouveau en Indochine le 13 juillet 1954. Il est
affecté au 2e BEP en cours de reconstitution. Rapatrié sur l?Algérie avec son
unité, le 24 fév. 1955, il intègre l?école d?enseignement militaire supérieur à
l?état-major des armé |
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