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J'ai le souvenir des 50 otages fusillés à
Nantes, de la population d'Oradour sur
Glane brûlée dans l'Eglise
et du Village détruit, j'ai
le souvenir de mon grand père stoïque qui refusait de quitter la maison
pour partir s'abriter dans le souterrain avec les voisins, mais qui nous
recommandait "ouvrez les fenêtres
avant de partir !" pour éviter la casse
des carreaux.
Je me
souviens de cette altercation un jour entre mon père et mon grand père ou j'ai
compris le transport très dangereux auquel je participais innocemment, mon
grand père avait un jardin situé dans une ferme "La Savardière" à quelques
kilomètres de Cholet, je prenais place sur la petite selle sur le cadre du
vélo, mes petites mains sur le guidon, il y avait sur ce cadre les outils de
jardin et… !!! Quelquefois autre chose qui ne ressemblait en rien à une
fourche ou bien une pelle, le tout était soigneusement enveloppé dans un sac en
toile de jute qui servait à rapporter les légumes, dans ce cas l'arrivée au
jardin était discrète, pendant qu'il m'occupait pour quelques minutes, il
s'en allait plus loin avec "SES OUTILS"
et revenait
avec sa fourche ou sa pelle.
Je suis effrayé aujourd'hui, lorsque j'ai le souvenir de
ce qui était pour moi une joyeuse ballade, alors que nous passions devant
le poste d'observation Allemand situé à l'angle de la route d'Angers et de la
route du May et que ceux-ci au passage de mon grand père lui faisait le geste de
passer, habitués qu'ils étaient à le voir d'une façon régulière
Jusqu'au jour où ... à la ferme à coté de la
Savardière "la Boulinière" fut découvert au matin, des femmes et des Allemands
massacrés par les maquisards, c'est sans doute à ce moment là que mon père a
découvert que dans le sac de jute, il n'y avait pas que la fourche et la pelle
mais qu'il y avait aussi des armes pour le maquis.
Je me souviens de la libération, de notre
voisin "Lecoz" sorti du maquis et qui paradait couché sur l'aile de la traction
15/6 avec sa mitraillette, en descendant la rue des Boers. Je me souviens au
Bois Grolleau, des lumignons, des farandoles pour accueillir les premiers
prisonniers libérés.
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