La guerre de mon enfance
l'Occupation Allemande à Cholet
 
 
 J'ai 7ans en 1945 quand la guerre se termine, je me souviens des tickets de rationnement,  des alertes aux bombardements, des marches dans la campagne pour aller se réfugier dans les fermes, de ma mère affolée qui tournait en rond, affolés que nous étions dans les allées  du jardin avec ma sœur alors que j'étais accroché à son landau, pendant que les avions bombardaient la ligne de chemin de fer  située à 300 mètres et un autre jour, des deux avions Anglais qui sont descendus en piqué juste au dessus de la maison pour aller frapper la caserne en plein milieu.
 
Je me souviens des patrouilles allemandes et des barrages,  j'entends encore mes parents parler des otages de la commune de Toutlemonde à 15 km de Cholet qui sont sur le point d'être fusillés. j'ai le souvenir de ces Allemands sur le recul fouillant la maison à la recherche de vélos pour fuir au plus vite, alors que mon père avait caché le sien dans le grenier et enlevé l'échelle
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L'exode et les bombardements
Oradour sur Glane cité Martyr
 
 
 
 
 

 J'ai le souvenir des 50 otages fusillés à Nantes, de la population d'Oradour sur Glane brûlée dans l'Eglise et du Village détruit, j'ai le souvenir de mon grand père stoïque qui refusait de  quitter la maison pour partir  s'abriter dans le souterrain avec les voisins, mais qui nous recommandait "ouvrez les fenêtres avant de partir !" pour éviter la casse des carreaux.
 
 Je me souviens de cette altercation un jour entre mon père et mon grand père ou j'ai compris le transport très dangereux  auquel je participais innocemment, mon grand père avait un jardin situé dans une ferme "La Savardière" à quelques kilomètres de Cholet, je prenais place sur la petite selle sur le cadre du vélo, mes petites mains sur le guidon, il y avait sur ce cadre les outils de jardin  et… !!! Quelquefois autre chose qui ne ressemblait en rien à une fourche ou bien une pelle, le tout était soigneusement enveloppé dans un sac en toile de jute qui servait à rapporter les légumes, dans ce cas l'arrivée au jardin était discrète, pendant qu'il m'occupait pour quelques minutes,  il s'en allait plus loin avec "SES OUTILS" et revenait avec sa fourche ou sa pelle.
 
 Je suis effrayé aujourd'hui, lorsque j'ai le souvenir de ce qui était pour moi une  joyeuse ballade, alors que nous passions devant le poste d'observation Allemand situé à l'angle de la route d'Angers et de la route du May et que ceux-ci au passage de mon grand père lui faisait le geste de passer, habitués qu'ils étaient à le voir d'une façon régulière
 
 Jusqu'au jour où ...  à la ferme à coté  de la Savardière "la Boulinière" fut découvert au matin, des femmes et des Allemands massacrés par les maquisards, c'est sans doute à ce moment là que mon père a découvert que dans le sac de jute, il n'y avait pas que la fourche et la pelle mais qu'il y avait aussi des armes pour  le maquis.
 
 Je me souviens de la libération, de notre voisin "Lecoz" sorti du maquis et qui paradait couché sur l'aile de la traction 15/6 avec sa mitraillette, en descendant la rue des Boers. Je me souviens au Bois Grolleau, des lumignons, des farandoles pour accueillir les premiers prisonniers libérés.
 
 
ET MOI, ANTI MILITARISTE , admirateur de Mandrin, défenseur des faibles et des opprimés, je reçois ma feuille de mobilisation pour l'Algérie . Je me retrouve dans le train avec des Bretons qui baragouinent, plutôt qu'il ne le parle "le français", ils ont sorti la miche de pain, la charcuterie,  le " cid " bouché et l'eau de vie, l'ambiance tourne bientôt à la fête, le " Français " fait place au Breton.
 
 Cela fait déjà une dizaine d'heures que nous roulons quand soudain, le train s'arrête peu après un tunnel, il se dit qu'un appelé est tombé ou a tapé contre un obstacle en se penchant à travers la fenêtre du wagon .